Conçue pour la piste, la Jaguar E-Type Lightweight devait prolonger les ambitions sportives de la Type E. Jaguar en avait prévu 18, mais seulement douze exemplaires furent construits dans les années 1960.
En 2014, la marque annonça la fabrication des six châssis restés inutilisés, sous la forme de voitures fidèles aux spécifications d’époque. Leur histoire mêle ingénierie, compétition et mémoire automobile, à commencer par les choix qui ont rendu ces modèles si singuliers.
A retenir :
- Douze voitures originales issues d’un programme initial de dix-huit
- Carrosserie en aluminium et allègement pensé pour la course automobile
- Six châssis historiques réactivés par Jaguar à partir de 2014
- Un héritage sportif toujours recherché par les collectionneurs
Jaguar E-Type Lightweight : une voiture de compétition allégée
Ce projet de série limitée répondait à un objectif précis : rendre la Type E plus compétitive face aux rivales de la catégorie GT. La voiture conservait sa silhouette emblématique, mais Jaguar modifiait sa structure et plusieurs équipements pour réduire la masse.
La carrosserie en aluminium et les choix techniques
Pour obtenir une voiture plus légère, le département compétition adopta une carrosserie et un bloc moteur en aluminium. Selon Jaguar, l’ensemble des modifications permettait de gagner environ 114 kilogrammes par rapport à une Type E standard.
Le moteur six cylindres en ligne de 3,8 litres reprenait la base mécanique de la XK, avec une culasse à soupapes inclinées et une lubrification par carter sec. Les vitres latérales manuelles, l’absence de nombreux chromes et une finition intérieure simplifiée participaient également à l’allègement.
Les transformations variaient selon les voitures, tandis que le hard-top en aluminium faisait partie des équipements associés au programme. Ces adaptations montrent qu’il ne s’agissait pas seulement d’une Type E dépouillée, mais d’un modèle préparé pour la compétition.
Modifications principales de la Jaguar E-Type Lightweight :
- Carrosserie et bloc moteur réalisés en aluminium
- Moteur six cylindres de 3,8 litres à carter sec
- Équipements intérieurs et chromes réduits
- Vitres latérales légères à commande manuelle
Élément
Type E standard
Version Lightweight
Structure
Configuration de série
Monocoque adaptée à la compétition
Carrosserie
Acier selon la configuration courante
Panneaux en aluminium
Moteur
Six cylindres de la famille XK
Bloc aluminium de 3,8 litres
Équipements
Finition routière plus complète
Garnitures et chromes limités
Douze exemplaires face aux rivales de GT
Jaguar envisageait 18 voitures spéciales, mais la production s’arrêta après douze exemplaires construits entre 1963 et 1964. La Lightweight affrontait notamment des Ferrari 250 GTO et des Aston Martin DB4 GT Zagato, dans une catégorie où la beauté seule ne suffisait pas.
Des pilotes comme Graham Hill, Jackie Stewart, Roy Salvadori et Briggs Cunningham ont conduit ces Jaguar. Leur présence en course automobile inscrit le modèle dans un héritage sportif important, même si la Lightweight ne domina pas durablement ses adversaires.
La course automobile et les six châssis retrouvés
Les limites rencontrées en compétition n’ont pas effacé l’intérêt du programme, mais un accident tragique a marqué son histoire. À Montlhéry, en octobre 1964, l’accident impliquant Peter Lindner et une autre voiture entraîna la mort des deux pilotes.
Montlhéry et la fin prématurée du programme
Lindner pilotait une version Low Drag, dessinée par Malcolm Sayer pour améliorer les performances aérodynamiques. Cette voiture avait déjà couru au Mans, où les Jaguar engagées n’avaient pas réussi à prendre l’avantage sur les Cobra.
La tragédie de Montlhéry demeure un épisode essentiel pour comprendre l’arrêt du projet initial. Elle rappelle aussi le risque inhérent à la course automobile de cette époque, sans réduire l’histoire de la Lightweight à un seul accident.
Repères de production et de course :
- Projet de 18 voitures lancé en 1963
- Douze exemplaires construits jusqu’en 1964
- Accident de Montlhéry en octobre 1964
- Onze voitures originales estimées encore existantes
Les six Lightweight recréées par Jaguar
Le 14 mai 2014, Jaguar annonça la construction des six voitures correspondant aux numéros de châssis attribués en 1963, mais jamais utilisés. Selon la marque, elles devaient être assemblées à la main et reproduire les spécifications des douze modèles d’origine.
Cette opération de recréation prolongeait le programme sans prétendre transformer les voitures neuves en exemplaires construits dans les années 1960. Jaguar visait notamment des collectionneurs reconnus, avec une priorité annoncée pour les amateurs de voitures de course de la marque.
Repère
Voitures d’origine
Recréations annoncées
Nombre
Douze construites
Six exemplaires prévus
Châssis
Préfixe « S »
Six numéros restés inutilisés
Assemblage
Département compétition Jaguar
Réalisation manuelle en interne
Spécifications
Configuration des années 1960
Reproduction des caractéristiques originales
Une automobile de collection au cœur de l’héritage sportif Jaguar
La relance des six châssis a donné une nouvelle dimension à une voiture déjà rare. Elle met en valeur la capacité de Jaguar à préserver des archives techniques et à faire revivre un modèle sans effacer la distinction entre histoire et recréation.
Une voiture de sport britannique recherchée
La Type E a été produite de 1961 à 1975 à environ 72 500 exemplaires, tandis que la Lightweight reste une déclinaison rarissime. Son association d’une carrosserie en aluminium, d’un moteur six cylindres et d’une ligne reconnaissable attire les passionnés comme les historiens.
Selon Jaguar, onze des douze exemplaires historiques auraient survécu. Ce chiffre distingue les voitures d’époque des six recréations annoncées en 2014 : ensemble, elles complètent le récit des 18 châssis prévus, mais pas celui d’une production entièrement réalisée dans les années 1960.
Préserver l’histoire sans confondre les générations
Pour un collectionneur, cette nuance compte autant que l’état mécanique : provenance, numéro de châssis et historique sportif contribuent à identifier chaque voiture. Le modèle illustre ainsi deux formes de patrimoine, celle des automobiles engagées en compétition et celle des recréations conçues selon les méthodes de la marque.
La Lightweight conserve donc une place singulière parmi les voitures de sport britanniques : elle témoigne des ambitions de Jaguar en GT et de l’attrait durable des séries limitées. Son histoire se lit autant dans ses choix techniques que dans les destins très différents de ses exemplaires.
Source : Jaguar, « Jaguar va produire six nouvelles Type-E Lightweight », communiqué de presse, 14 mai 2014.



